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Comprendre · Les races

La poule sussex : la race que l'on conseille aux débutants

Calme, lourde, à double fin : le standard anglais est clair sur les masses. Sur la ponte, trois sources sérieuses donnent trois chiffres.

Publié le 7 min de lecture

Portrait d'une poule blanche au camail marqué de noir et à la crête simple rouge, dans une cour enherbée

La sussex est la race que l’on retrouve en tête de presque toutes les listes destinées aux débutants, et ce conseil n’est pas usurpé : c’est une volaille lourde, posée et ancienne, dont le standard est public depuis plus d’un siècle. Le seul point sur lequel il faut se méfier des fiches en ligne, ici comme ailleurs, est le nombre d’œufs qu’on lui prête.

D’où elle vient

La race vient du comté de Sussex, dans le sud-est de l’Angleterre, et fait partie des plus anciennes races britanniques. Deux cent quatre-vingt-neuf oiseaux décrits comme « Old Sussex or Kent Fowl » furent présentés à la première exposition avicole du zoo de Londres, en 1845.

Le Kent, le Sussex et le Surrey avaient de longue date une réputation de volaille de table fine, à peau, pattes et doigts blancs. Au XIXe siècle, les croisements avec des races asiatiques ont dégradé ces qualités, et c’est pour y remédier qu’Edward Brown mobilise les éleveurs en 1903. Le standard est rédigé en 1902 avec trois coloris, et le Sussex Breed Club se constitue en 1903 : c’est aujourd’hui l’un des plus anciens clubs de race de Grande-Bretagne.

La variété blanche herminée noir, la plus répandue en France, n’est pas la plus ancienne. Le Poultry Club of Great Britain indique qu’elle a été construite avec du sang brahma, cochin et dorking gris argenté, et qu’elle a connu une grande vogue à l’époque des accouplements à sexage lié, les poules étant recherchées pour être mises avec des coqs dorés. La plus ancienne variété est la speckled, tricolore.

En France, la race est suivie depuis octobre 2019 par le Sussex Dorking Club de France, constitué à l’exposition de Limoges et affilié à la Fédération française des volailles, qui couvre la sussex et la dorking en grande race et en naine.

Ce que dit le standard

Poste Valeur
Masse du coq 4,1 kg au minimum
Masse de la poule 3,2 kg au minimum
Œuf à couver 55 g au minimum
Couleur de coquille Jaune à brun
Bague, coq et poule 22 mm et 20 mm
Peau et tarses Blancs, tarses couleur chair

La liste des races et variétés reconnues en France homologue sept coloris en grande race, blanc, gris argenté, saumon doré foncé, blanc herminé noir, fauve herminé noir, rouge herminé noir et porcelaine rouge, et huit en naine, le blanc herminé bleu s’ajoutant à la liste. Le standard britannique en reconnaît huit de son côté, dont la brown et la coronation, absentes de la liste française. L’American Poultry Association n’en retient que trois, la speckled et la red admises en 1914, la light en 1929.

Le format décrit est rectangulaire, dos large et plat, cuisses libres et assez musclées, plumage abondant mais sans être duveteux. Les tarses sont nus : contrairement à la marans, à la brahma ou à la pékin, la sussex n’a pas de plumes aux pattes, ce qui simplifie l’entretien sur un sol humide.

Ponte : trois sources, trois chiffres

C’est ici que la fiche de race la plus lue diverge de la réalité documentaire. Aucun standard officiel, britannique ou français, ne chiffre la ponte annuelle, pour la raison exposée dans la fiche choisir sa race de poule. Les chiffres que l’on lit viennent donc de descriptions d’organisations, et elles ne concordent pas.

Source Ponte annoncée
The Livestock Conservancy 200 à 250 œufs, gros, bruns à beiges
Notice anglophone de référence 180 à 200 œufs teintés, jusqu’à 250 pour des souches de ponte, œufs d’environ 60 g
Notice francophone de référence 235 à 250 œufs

Aucune des trois n’indique sur quel effectif, pendant combien de temps ni dans quelles conditions ces valeurs ont été relevées. L’écart entre la borne basse et la borne haute dépasse 35 %, ce qui est considérable pour une donnée présentée partout comme un attribut de la race.

Caractère et vie de groupe

L’organisation américaine de conservation The Livestock Conservancy résume le tempérament en deux mots, « calme et curieux », et précise que les animaux sont confiants sans être agressifs, ce qui convient aux débutants et aux familles. C’est une description d’organisation de conservation, pas une mesure, mais elle est cohérente avec ce qu’on attend d’une race lourde à double fin : peu de vol, peu de nervosité, une bonne tolérance à la présence humaine.

Le gabarit joue dans le même sens sur la clôture. Une poule de plus de trois kilos ne franchit pas un grillage bas comme une race légère, ce qui rend l’enclos plus facile à tenir.

Rusticité et points faibles

La sussex est décrite comme rustique, et son histoire de volaille de plein air du sud de l’Angleterre va dans ce sens. Le vrai point de vigilance est le gabarit, et il se traduit en centimètres dans l’abri.

Le seul repère public écrit pour une détention familiale reste celui du guide officiel suisse : au moins 2 m² de surface au sol pour un groupe de trois à six poules, une hauteur d’au moins 1,80 m, et une longueur de perchoir permettant à tout le groupe de se percher en même temps. Pour des animaux de 3 kg et plus, ce minimum est un plancher et non un objectif. La hauteur du perchoir mérite aussi d’être modérée : l’avis scientifique de l’EFSA sur le bien-être des poules pondeuses de 2023 rattache les fractures du bréchet aux collisions avec les équipements surélevés, perchoirs compris. Le constat porte sur des élevages professionnels, mais il plaide pour un perchoir bas et large plutôt que pour une échelle de barreaux.

Deuxième conséquence du gabarit : l’appétit. Une race lourde consomme davantage qu’une poule légère, et le dimensionnement de la ration comme celui des mangeoires se traitent en même temps que l’abri, comme le détaille la fiche que mangent les poules.

À qui elle convient

À un premier élevage, à un foyer qui veut des œufs réguliers sans chercher un record, et à un jardin capable d’accueillir un abri correctement dimensionné, décrit dans la fiche quelle taille de poulailler. Elle convient moins à un très petit enclos, où son gabarit se paie immédiatement en surface au sol.

Sources

  • Poultry Club of Great Britain, Sussex : ancienneté de la race, exposition de 1845, variété speckled la plus ancienne, création du Sussex Breed Club en 1903, coloris reconnus, construction de la light avec du sang brahma, cochin et dorking gris argenté, réputation de volaille de table. poultryclub.org (consulté le 24 septembre 2026).
  • Sussex chicken, Wikipédia en anglais : 289 oiseaux « Old Sussex or Kent Fowl » à l’exposition du zoo de Londres en 1845, standard rédigé en 1902, masses minimales de 4,1 kg et 3,2 kg du Poultry Club of Great Britain, huit coloris britanniques, trois coloris APA et leurs dates, ponte annoncée de 180 à 200 œufs. en.wikipedia.org (consulté le 24 septembre 2026).
  • The Livestock Conservancy, Sussex Chicken : origine dans le Kent, le Sussex et le Surrey, peau et pattes blanches, rôle d’Edward Brown en 1903, variétés APA et leurs dates, ponte annoncée de 200 à 250 œufs, tempérament « calme et curieux », statut de conservation. livestockconservancy.org (consulté le 24 septembre 2026).
  • Poule du Sussex, Wikipédia en français : standard français, masses minimales, œuf à couver de 55 g et coquille jaune à brun, bagues de 22 et 20 mm, peau blanche et tarses couleur chair, format et plumage, ponte annoncée de 235 à 250 œufs. fr.wikipedia.org (consulté le 24 septembre 2026).
  • Fédération française des volailles, Liste des races et variétés de volailles reconnues en France, janvier 2024 : sept coloris homologués en grande race, huit en naine. ffv-volaille.fr (consulté le 24 septembre 2026).
  • Fédération française des volailles, Sussex Dorking Club de France (SDCF) : club créé en octobre 2019 à l’exposition de Limoges, couvrant la dorking et la sussex en grande race et en naine. ffv-volaille.fr (consulté le 24 septembre 2026).
  • EFSA, Welfare of laying hens on farm, avis scientifique adopté le 14 décembre 2022, EFSA Journal 2023 : fractures du bréchet rattachées aux collisions avec les équipements surélevés, dont les perchoirs. efsa.onlinelibrary.wiley.com (consulté le 24 septembre 2026).
  • Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV) et Protection suisse des animaux, Détenir correctement les poules, mars 2023 : 2 m² d’abri pour trois à six poules, hauteur de 1,80 m, longueur de perchoir pour tout le groupe. mespoulesjenprendssoin.ch (consulté le 24 septembre 2026).

Questions fréquentes

Combien d'œufs pond une sussex par an ?
Aucun standard ne le dit. Les sources sérieuses ne s'accordent pas : la Livestock Conservancy annonce 200 à 250 œufs, la notice anglophone de référence 180 à 200 avec des souches de ponte jusqu'à 250, la notice francophone 235 à 250. Aucune ne cite de protocole de mesure.
Pourquoi la sussex est-elle conseillée pour débuter ?
Pour son tempérament, décrit comme calme et curieux, confiant sans être agressif, et pour sa robustesse. C'est une race lourde à double fin, donc endurante, et suffisamment posée pour se laisser approcher.
Quelle est la variété herminée que l'on voit partout ?
La blanche herminée noir, corps blanc et camail marqué de noir. C'est la plus répandue en France parmi les sept coloris homologués en grande race, mais le standard britannique en reconnaît huit, dont la speckled, qui est la plus ancienne.
Une sussex a-t-elle besoin d'un grand poulailler ?
Elle a surtout besoin d'un abri dimensionné pour son gabarit : à 3,2 kg au minimum pour une poule, la surface au sol, la longueur de perchoir et la hauteur comptent plus que pour une race légère. Le repère public utilisable reste de 2 m² d'abri pour trois à six poules.

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